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Celine viendrait de « Séléné », la lune en grec ancien, et dirait les utopies du commun de Celine Pierre. Utopies entendues et voulues comme une trajectoire à mener. Pierre s’écrit et se dit comme la pierre. Celles qui jalonnent un chemin. Le processus, le parcours de ses travaux est une attraction pour ce qui fait ou met en mouvement. Dans et avec le temps. Opère un déplacement. Ces « écritures multiples » sont cet espace dans lequel se déploie possiblement, silencieusement, avidement cet « entre ». Cet espace et ce temps à habiter communément.
Depuis les techniques anciennes de la fresque à celles des impressions numériques, elle étudie la peinture à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris tout en y suivant les workshop de performance de Marina Abramovic. Elle y est diplômée en multimédia avec une série d’affichages et d’écritures de rue.
Elle collabore une dizaine d’années avec lp‐architecte afin de mener des installations préparées sur un temps long et conçues pour être montées lors d’une journée avec les passants d’un site urbain. Sur l’esplanade du Port de la Bastille à Paris, par exemple, avec l’association d’hébergement d’urgence « La Mie de Pain ».
Elle réalise des environnements de projections avec des textes et lectures diffusées en camionnettes ou espaces souterrains. Elle s’implique dans un collectif de cinéma expérimental en lien avec le Collectif Jeune Cinéma, et s’initie aux techniques de la pellicule. Elle compose des courts, moyens et long métrages.
De retour de visites sur un campement de réfugiés où elle enregistre les voix de ses habitants, ses préoccupations sur la dimension spatiale du sonore la conduisent à des études en composition au Conservatoire à Rayonnement Régional de Reims où elle obtient un Diplôme d’Etudes Musicale en Composition – Création avec la réalisation de plusieurs pièces de vidéo – électroacoustiques et de musiques mixtes.
Celine Pierre réalise aujourd’hui des vidéos documentaires, des pièces de musiques mixtes, des vidéos musiques, des performances participatives et des publications.
Elle est membre active du Réseau National de Création Musicale Futurs Composés et membre du bureau de la Plateforme de Musiques de Création Grand Est. Avec la Maison de la Musique Contemporaine, son travail est répertorié au catalogue de la médiathèque du Conservatoire de Paris (CNSMDP). Elle est membre des Sociétés d’auteur.rices de la SACEM, SCAM, et de la SAIF. Son travail est soutenu par la Région et la DRAC GRAND EST en arts visuels et en musique, et par les Centres Nationaux de Création Musicale Césaré de Reims et Athénor de Saint Nazaire.
Celine would come from « Selene », the moon in ancient Greek, and would speak of the communal utopias of Celine Pierre. Utopias heard and desired like a voyage to be led. Pierre’s written and said like pierre, « stone » in French. Stones that define a path. The process, the course of her works is an attraction for what creates or causes movement. Brings about a displacement. In space and time. These « plural writings » are the space in which, possibly, silently, avidly, this « between » unfurls. This space to live in communally.
From the ancient techniques of fresco to those of digital impressions, she studied painting at the École Nationale Supérieure des Beaux‐Arts in Paris while also attending Marina Abramovic’s performance workshops. She graduated with a degree in multimedia, completing a series of street writings and displays.
She collaborated for about ten years with lp‐ architect, with whom leading installations prepared over long periods of time to be installed during a single day with the passerby of an urban site. On the esplanade of the Port de la Bastille in Paris, for example, with the emergency housing association « La Mie de Pain ».
She creates projection‐environments with texts and readings, circulated in vans or underground ! spaces.She is involved in an experimental cinema collective associated with the Collectif Jeune Cinéma, and learning film techniques. She composes short, medium and full‐length films.
Upon returning from visits to a refugee encampment where she recorded the voices of its inhabitants, her preoccupations regarding the spatial dimension of sound led her to studies in composition at the Conservatoire à Rayonnement Régional de Reims, where she received a music studies degree in Composition‐Creation after the production of several video‐electroacoustic and mixed music pieces.
Celine Pierre creates today documentary videos, mixt music pieces, participative performances and publications.
She is an active member of the Réseau national de Création Musicale Futurs Composés and is a Bureau member of the Plateforme de Musiques de Création Grand Est. With the Maison de la Musique Contemporaine, her work is catalogued at the Médiathèque of the Conservatoire de Paris (CNSMDP); she is a member of the authors› societies SACEM, SCAM and the SAIF. Her work is supported by the region Grand Est, the DRAC Grand Est in Visual Arts and in Music, as well as by the Centre National de Création Musicale Césaré in Reims and the Centre National de Création Musicale Athénor in Saint Nazaire.
extrait de la conférence « COMPOSITRICE : un métier ? » le 02.12.21 à la Cité de la Musique avec la PfMC Grand Est, modératrice Michèle Paradon :
« J’avais envie avec vous, ce soir, de faire un détour, puisqu’il s’agissait, comme je travaille aujourd’hui dans le champ de la musique ou avec des structures musicales, de vous proposer une sorte de récit, de détour‐récit qui poserait la question d’une de mes origines musicales. Ce récit a lieu dans une maison dont la terre et les sols sont constamment retournés. C’est ici que je creuse une question :
- De et où, dans quel univers sonore s’inscrit ma démarche musicale ? Quand le son m’est-il devenu musique ? C’est à dire perceptible comme chose en soi, comme allant et venant librement et accompagné de mon attention ?
J’aurais aimé dire dans le silence du quotidien. Le silence non comme vide ou absence de telle fréquence environnante puisqu’à ce moment‐là, on pourrait même ne pas dire silence. Pas de silence évidemment dans les quotidiens, dans le quotidien. Pourtant, c’est ce mot qui retient mon attention et ma préférence. Ce mot dit quelque chose d’une enveloppe des tâches et des travaux à mener. Le silence des jours qui passent. Je n’écoute pas de musique enregistrée ou diffusée, l’espace étant pris déjà des sons qui l’habitent :
- Écoute, maman, le pain qui chante, dit l’enfant, le soir, en découpant les tranches pour le repas.
La musique vient peu à peu et avec la musique instrumentale tout un opuscule de sonorités, qui cherchent leurs chemins, qui sont alors prémices puisque nos filles en entament leurs divers apprentissages. Ce sont ces sortes de chaos, d’hésitements et de rythmes qui se cherchent. Ce sont ces premiers touchés, à la fois fluides et fragiles, et leurs tentatives d’enchainement qui remplissent l’espace, et ouvrent à une autre temporalité.
J’aime ces trous, ces intervalles. Je les enregistre. Ils forment les bandes‐son de ces traversées visuelles et sonores, de ces films et projections performances du moment.
…
J’aimerais resserrer le terme « multimédia » autour d’une notion d’écriture visuelle et sonore. Puisqu’il ne s’agit pas d’utiliser de multiples outils numériques de plus en plus sophistiqués ou technocratisés. Il s’agit plutôt de ce cheminement de l’image et du son qui m’interroge, de leurs liens à l’espace, à un espace qui va chercher à s’ouvrir. »
Le site web celinepierre.eu a été dessiné par l’atelier de design graphique Magabi, développé par Guillaume <GuiMel> Melennec et traduit par Elizabeth Allen. Il est composé en Tex Gyre Heros et en STIX Two Text.
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